Maladies causées par l’amiante en Australie L’inhalation de fibres d’amiante est depuis longtemps reconnue comme la cause de maladies respiratoires débilitantes du nom d'asbestose et de pleurésie provoquée par l’amiante. L’amiante est aussi la cause du cancer du poumon et de mésothéliome, une forme de cancer qui attaque le plus souvent la muqueuse du poumon et qui est généralement mortelle dans les neuf à douze mois suivant le diagnostic. En moyenne, pour les personnes atteintes de mésothéliome, le cancer commence à se développer 37 mois après la première exposition à l’amiante. L’Australie détient le taux le plus élevé de victimes de mésothéliome dans le monde. On estime qu’en juin 2003, plus de 7.500 Australiens avaient contracté cette maladie, ce nombre devant, selon les prévisions, atteindre 18.000 en 2020. Pour chaque cas de mésothéliome, on estime qu’il se produit deux autres cas de cancer du poumon causé par l’amiante, ce qui ajoute 30.000 à 40.000 cas supplémentaires d’Australiens victimes d’un cancer causé par l’amiante en 2020.
James Hardie La société James Hardie était le plus grand fabricant et distributeur de produits à base d’amiante en Australie: matériaux d’isolation, plaques d’amiante-ciment (connues en Australie du nom de "fibro"), tuyaux et matériaux de friction, comme les garnitures de freins et d’embrayage. Tout en étant au courant, depuis les années 1930, des dangers présentés par l’amiante, la société James Hardie n’a placé un avis de mise en garde sur ses produits à base d’amiante qu’en 1978, avant de cesser la production en 1982.
Les produits à base d’amiante de la société James Hardie étaient surtout fabriqués par deux filiales qu’elle contrôlait directement. Après avoir vidé ses filiales de leurs profits, James Hardie a créé en février 2001, une fondation de recherche médicale et d’indemnisation "Medical Research and Compensation Foundation (MRCF)". James Hardie a créé le fonds de manière à séparer et prendre en charge l’indemnisation des victimes, en lui assurant 293 millions de dollars australiens pour faire face au transfert de ses responsabilités en matière d’amiante.
Huit mois plus tard, en octobre 2001, James Hardie a établi une société mère aux Pays-Bas en transférant 1,9 milliard de dollars australiens (1,3 milliard USD) d’Australie aux Pays-Bas, pays qui n’a pas signé de traité permettant de rendre exécutoire toute décision légale prise en Australie.
En mars 2003, sans en référer aux autorités australiennes compétentes, la société australienne James Hardie s’est séparée du groupe international, en dédommageant la société mère aux Pays-Bas et en coupant les amarres qui la reliaient aux créanciers australiens, notamment aux victimes de l’amiante.
Au début de cette année, en réponse aux pressions syndicales, le gouvernement des Nouvelles-Galles du Sud en Australie a ouvert une enquête judiciaire sur l’établissement du fonds de compensation, d’où il est apparu que la société James Hardie n’a pas doté le MRCF de fonds suffisants avec un manque important de 2 milliards de dollars australiens (1,4 milliard USD). Le rapport d’enquête devait être remis le 21 septembre 2004 au gouvernement des Nouvelles-Galles du Sud.
Pas plus tard que juillet 2004, la société James Hardie a proposé l’établissement d’un plan statutaire avec un apport pour faire face dans l’avenir à l’indemnisation des victimes de l’amiante. Les syndicats et les groupes de soutien aux victimes de l’amiante en Australie ont universellement rejeté ce plan, persuadés qu’il s’agira d’une indemnisation à taux unique, un versement compensatoire restreint, une réduction des droits légaux des victimes et le transfert aux contribuables australiens de certaines dettes de l’entreprise relatives à l’amiante.
La campagne des syndicats australiens Outragés par la tentative de la société James Hardie d’esquiver ses responsabilités concernant l’indemnisation de ses victimes, les syndicats et les groupes de soutien aux victimes de l’amiante en Australie ont lancé une campagne comportant une série d’actions visant à empêcher l’entreprise d’échapper à ses responsabilités morales et légales. Ces actions sont les suivantes: - Boycottage des produits fabriqués par James Hardie, notamment la décision prise par la municipalité de Sydney de refuser d’utiliser des produits James Hardie dans tous les contrats conclu dans l’avenir, jusqu’à l’assurance d’une indemnisation correcte des victimes.
- Embargo sur l’utilisation dans l’industrie des produits James Hardie.
- Pétitions demandant l’établissement par le gouvernement australien d’un traité avec les Pays-Bas.
- Manifestations prévues lors des assemblées des actionnaires de James Hardie en Australie et aux Pays-Bas.
- Lettres aux actionnaires de James Hardie leur demandant directement leur soutien.
- Présence aux assemblées des actionnaires avec des votes par procuration.
Soutien des syndicats internationaux Sur le plan international, la campagne bénéficie du soutien des syndicats et des groupes de soutien aux victimes de l’amiante aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie soutient également la campagne en demandant à ses affiliés d’appuyer l’action entreprise contre la société James Hardie en Australie et aux Pays-Bas.
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