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Bulletin trimestriel de la
FIOM,
ICEM et
FITTHC
sur la création d'une nouvelle organisation
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La création d’une nouvelle FSI dans l’industrie prend formeLe schéma d’une nouvelle fédération syndicale internationale (FSI) a fait un grand pas en avant le 25 mai à Genève quand les comités exécutifs de la FIOM, de l’ICEM et de la FITTHC ont décidé clairement, au cours d’une réunion conjointe, de réaliser l’intégration des trois FSI. Les comités exécutifs qui étaient réunis à l’OIT en session commune ont décidé que les travailleurs et travailleuses de tous les secteurs de l’industrie du monde entier devaient s’intégrer au sein d’une FSI unifiée pour détenir une plus grande force. Une telle fédération rassemblera 55 millions de travailleurs et travailleuses et assurera l’unification de la main-d’œuvre dans le textile avec celle du caoutchouc, du plastique, de la construction automobile, des mineurs avec le personnel ouvrier dans l’acier et les fonderies de métaux de base, les travailleurs et travailleuses de la chimie et de l’électronique dans la haute technologie et autres industries.
L’engagement a été pris d’établir une FSI forte et capable de réagir, d’unifier et de syndiquer les travailleurs et travailleuses dans toutes les chaînes d’approvisionnement. La nouvelle FSI devra s’attaquer à des questions sociales difficiles pour corriger les déséquilibres dans la répartition des richesses du monde, y compris un élargissement des droits syndicaux dans beaucoup d’autres pays, la réduction de la tendance dangereuse pour la société des emplois informels et précaires, et assurer une transition juste et un travail décent dans des industries respectueuses de l’environnement. La nouvelle FSI assurera également la promotion et l’établissement de syndicats démocratiques, capables de subvenir à leurs besoins dans tous les secteurs industriels. Et à travers des réseaux qui permettent de communiquer et de réagir, elle sera considérée comme la protectrice des droits des travailleurs et travailleuses et de la justice sociale contre des multinationales agissant sans contraintes dans le monde. Le consensus établi le 25 mai va de pair avec le travail déjà réalisé en commun par la FIOM, l’ICEM et la FITTHC en Thaïlande, en Turquie, au Mexique, au Canada et dans plusieurs autres pays. Il se manifeste dans des politiques communes prises dans des forums organisés entre les trois FSI et concernant le changement climatique, la disparité économique et les défauts de la finance internationale. La réunion organisée conjointement par les comités exécutifs a tracé les grandes lignes des nouvelles structures destinées à guider le processus d’intégration jusqu’au Congrès fondateur. Le secrétariat aura son siège à Genève et la nouvelle FSI aura un(e) président(e), trois vice-président(e)s, un(e) secrétaire général(e) et trois secrétaires généraux/ales adjoint(e)s. Elle aura aussi un Comité exécutif composé d’au moins 30 pour cent de femmes. Il a été admis que la nouvelle organisation doit reposer sur une solide base financière, et un système commun de cotisations d’adhésion devra être établi au cours de la première période inter congrès de quatre ans. Les structures régionales seront chargées d’appliquer les politiques mondiales de la FSI et auront également pour tâche d’examiner et de prendre des décisions sur des questions propres à la région. Il y a eu accord sur la poursuite des travaux relatifs au renforcement sectoriel et sur une meilleure coordination dans les chaînes d’approvisionnement parmi les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats. Un groupe de travail conjoint des trois FSI continuera de travailler à la mise au point des Statuts. Un autre groupe de travail sera créé pour élaborer un plan d’action pour la nouvelle organisation. L’approbation définitive du processus est prévue en septembre pour le Comité exécutif de la FITTHC, fin novembre pour le Congrès de l’ICEM et début décembre pour le Comité central de la FIOM. Un concours entre les affiliés des trois FSI pour le nom à donner à la nouvelle organisation sera décidé par courrier dans les prochaines semaines. Les syndicats nordiques ont proposé d’organiser les congrès de dissolution et le Congrès fondateur à Copenhague. Les dates proposées sont les 18-20 juin 2012.
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Entretien avec Juan Linares Libéré après deux ans de prison dans le cadre des attaques du gouvernement mexicain contre Los Mineros
Juan Linares, le président du Conseil de surveillance et de justice du syndicat national mexicain des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM) a été libéré le 24 février 2011 après deux ans de prison. Sa libération intervient quelques jours après la mobilisation de syndicats du monde entier, du 14 au 19 février, pour les journées mondiales d’action et de défense des droits syndicaux au Mexique. Juan est membre du SNTMMSRM (ou Los Mineros) depuis 1972 en tant qu’ouvrier mineur à la mine ArcelorMittal Sicarta. Pourquoi avez-vous été emprisonné et quelles ont été les conséquences de cette situation sur votre syndicat? J’ai été emprisonné sous de fausses accusations de fraude, sur lesquelles aucune preuve n’a jamais été établie. Il s’agit clairement d’une mesure antisyndicale prise par le gouvernement de Felipe Calderon, destinée à fragiliser et attaquer le syndicat des mineurs. Une enquête et un audit ont eu lieu qui montrent qu’il n’y a pas eu de détournement de fonds. Les attaques antisyndicales du gouvernement ont été constantes. Elles ont commencé avec des accusations lancées contre le secrétaire général Napoleón Gómez Urrutia, puis par le blocage du compte en banque et enfin par mon emprisonnement. Tout ceci dans l’intention du gouvernement d’en finir avec notre syndicat. Comment avez-vous réussi à obtenir votre libération après deux ans de prison? Le soutien international, notamment de la FIOM, de l’ICEM, d’AFL-CIO et des United Steelworkers, qui a mobilisé l’opinion internationale sur mon cas, et en particulier les journées mondiales d’action du 14 au 19 février qui ont eu un impact considérable pour ma libération. Je suis resté en prison deux ans, deux mois et 20 jours. Le harcèlement de Los Mineros par le gouvernement se poursuit-il? Oui, le gouvernement continue de harceler tous les jours Los Mineros du fait de la présence d’un gouvernement de droite. Cela avait déjà commencé à l’époque de Vicente Fox et cela se poursuit avec Felipe Calderon. Le harcèlement du ministre du Travail est particulièrement rigoureux. Quelle est actuellement la situation pour Los Mineros et le mouvement syndical indépendant au Mexique?
Je pense que les choses s’améliorent lentement. Les questions qui font aujourd’hui l’objet d’une discussion sur la fusion au niveau mondial auront un effet particulièrement bénéfique pour le Mexique. Par exemple, un autre syndicat victime d’attaques – le SME – va bientôt nous rejoindre, et je pense que nous pourrions parvenir à avoir un mouvement syndical réellement fort et indépendant au Mexique. De quelle façon la solidarité internationale peut-elle soutenir la lutte de Los Mineros et des autres syndicats indépendants? Nous avons besoin du soutien des organisations internationales pour être en mesure de poursuivre la syndicalisation et le recrutement de nouveaux membres dans notre syndicat. Et c’est ce que nous demandons aux organisations internationales auxquelles nous sommes affiliés. Je voudrais également partager avec vous ma grande joie car nous venons juste d’apprendre le 25 mai que notre dirigeant Napoleón Gómez vient d’être disculpé de toutes les accusations portées contre lui, et nous nous réjouissons à l’idée de son retour auprès de nous au Mexique pour la poursuite de notre lutte. Nous croyons que le mouvement syndical progresse réellement au Mexique.
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Création de syndicats puissants en ColombieDepuis l’année dernière, les affiliés de l’ICEM en Colombie ont participé à un projet de création de syndicats nationaux puissants pour les affiliés de la FIOM en Colombie, Fetramecol et Utrammicol. Le projet a pour but de renforcer l’unité syndicale. L’ICEM et la FIOM ont un intérêt commun au renforcement des syndicats en Colombie, et les deux fédérations sont concernées par la situation des syndicats colombiens. Le taux de syndicalisation est parmi les plus faibles en Amérique latine en raison des pratiques antisyndicales et des obstacles dressés par le gouvernement à l’activité syndicale. La création de “coopératives d’emploi” (cooperativas de trabajo asociado – CTA) a provoqué une détérioration de la qualité des emplois, réduit à néant les droits inaliénables des travailleurs et travailleuses et rendu les emplois précaires.
En 2009, un projet de création de syndicat a vu le jour pour les affiliés de la FIOM en Colombie, Fetramecol et Utrammicol. Ce projet a bénéficié du soutien de IF Metall et de LO-TCO en Suède. Il avait pour objectif principal le renforcement des syndicats de métallurgistes, l’amélioration de la coopération entre les affiliés au niveau national et le renforcement de l’unité syndicale. Trois ateliers régionaux et un atelier national ont eu lieu quatre fois par an et le projet devrait s’achever en 2012. À ce jour, ces ateliers ont abordé des questions telles que les conventions collectives et la négociation collective, et ont élaboré des propositions visant à résoudre les problèmes qui se posent au syndicalisme au niveau national. Le thème central de cette année porte sur les structures syndicales. Au début du projet, l’objectif principal visait à créer des conditions d’unification des affiliés colombiens de la FIOM en une seule organisation nationale. Cependant, le projet qui couvre égalementle Chili se concentre maintenant sur la création de syndicats industriels élargis et sur des alliances politiques dans les régions, dans le contexte d’une fusion de trois grandes fédérations syndicales internationales (FIOM, ICEM et FITTHC). En 2010, Carlos Bustos, coordonnateur de l’ICEM en Colombie, a invité les affiliés de la FIOM à participer aux activités actuelles de la fédération et à plusieurs réunions nationales. Pendant ce temps, les affiliés colombiens de l’ICEM ont commencé à assister aux séminaires du projet, explique Nohora Tovar de Fetramecol, coordonnatrice conjointe nationale du projet. Bustos ajoute que cette année, la décision a été prise d’accroître la participation des collègues de l’ICEM dans les trois régions où le projet est opérationnel (Bogotá, Boyacá et Medellín). Luis de Velázquez de Utrammicol, qui est l’autre coordonnateur conjoint national, dit que la participation a été très bonne et que les affiliés de la FIOM ont bien accueilli l’initiative. Tous deux expliquent qu’à la fin de 2010, le Conseil national formé par Fetramecol et Utrammicol a pris le nom de Conseil de l’unité et a été élargi pour y inclure les affiliés de l’ICEM. Ce conseil a mis en place des comités de rédaction des Statuts et établi avec des collègues de l’ICEM un plan d’action doté d’un double objectif: d’une part des initiatives visant à promouvoir l’unité, et d’autre part le développement de l’éducation et de la formation. Marino Vani du bureau régional de la FIOM, explique que le projet a forcé chaque organisation à évaluer la situation et à promouvoir des actions communes visant à renforcer leurs syndicats et à formuler des objectifs communs. La proposition de projet visant à examiner des questions particulières en vue de l’élaboration d’un programme syndical a provoqué une discussion avec comme résultat de nouvelles pratiques syndicales, bien que les syndicats aient encore à élaborer une stratégie consensuelle plus large avec un programme d’action unifié. Il est à espérer que le projet encouragera les membres du syndicat à apprendre, et à comprendre la nécessité de créer des syndicats nationaux unifiés et représentatifs qui ouvrent leurs portes aux travailleurs et travailleuses précaires et en sous-traitance pour renforcer de cette manière la position de tous les membres. [PHOTO CAPTION] Les affiliés colombiens de la FIOM et de l’ICEM se sont rencontrés pour envisager de resserrer leur coopération par la création d’un Conseil unitaire.
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Pour que les travailleurs soient gagnants: le lancement de Play Fair au BrésilLes grands évènements sportifs comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du monde, peuvent exercer une influence très positive sur les travailleurs et travailleuses. Pourtant, nous entendons trop souvent des histoires d’accidents sur les chantiers de construction et de conditions épouvantables dans des usines qui ressemblent plutôt à des ateliers clandestins. Les travailleurs et travailleuses qui construisent les stades et fabriquent les marchandises souffrent derrière la façade prestigieuse des jeux. L’alliance Playfair, qui rassemble des syndicats et des ONG du monde entier, a débuté en 2003 et a fait depuis campagne pour inscrire les droits des travailleurs et travailleuses sur l’agenda du Comité International Olympique et sur celui de la FIFA. Beaucoup de demandes présentées par l’alliance Play Fair n’ont pas encore été satisfaites, mais la campagne a obtenu quelques résultats positifs. Pour les Jeux Olympiques de Londres en 2012, toutes les marchandises vendues officiellement doivent avoir été fabriquées dans des usines où les travailleurs et travailleuses reçoivent un salaire décent et ont un “emploi régulier”. Le personnel de production dans ces usines doit avoir accès à un mécanisme de plaintes, et les griefs doivent faire l’objet d’une enquête en temps utile. Pour la première fois, le questionnaire de soumission pour les JO de 2016 signale aux entreprises qu’il sera tenu compte de leurs normes de travail pour décider si leurs marchandises bénéficient du label officiel.
En plus des organismes sportifs, la campagne Play Fair s’adresse aux marques et aux distributeurs qui fournissent aux équipes les vêtements portés lors des épreuves sportives. Des entreprises comme Adidas, qui a versé l’année dernière aux membres de son conseil près de 11,5 millions d’euros, et Puma, qui a un contrat de sponsoring avec Usain Bolt d’une valeur de 21 millions de GBP, refusent encore de s’engager à payer un salaire décent aux travailleurs et travailleuses de leurs chaînes d’approvisionnement. Les progrès dans l’amélioration des pratiques des grandes marques sont lents, mais un important pas en avant aura lieu le mois prochain quand des fournisseurs indonésiens, leurs acheteurs, des syndicats et des ONG, se réuniront pour signer un protocole garantissant aux syndicats le droit à la liberté syndicale, notamment le droit de dispenser un nombre convenu de représentants syndicaux d’une présence à leur poste de travail, et de mettre des bureaux corrects et des espaces de communication à leur disposition, ainsi que du temps libre pour que le personnel puisse participer à l’activité syndicale.
En 2014 et 2016, le Brésil sera le premier pays à avoir accueilli la Coupe du monde et les Jeux Olympiques à deux ans d’intervalle. Profitant de cette occasion unique, les syndicats brésiliens des secteurs de la construction et du textile ont uni leurs forces pour exiger un travail décent pour toutes les personnes qui contribuent aux rencontres. Pour le lancement public de la campagne, 250 personnes étaient présentes le 1er avril à l’entrée principale du Stade Maracana, et la CSI, l’IBB, la FITTHC et leurs affiliés ont échangé des messages de solidarité. Le thème dominant des messages concernait une demande pour que la Coupe du monde et les Jeux Olympiques au Brésil aient un résultat positif basé sur le respect des droits des travailleurs et travailleuses. [PHOTO CAPTION] Eunice Cabral au lancement de la Play Fair Brazil, le 1er avril 2011, demande que la Coupe du monde au Brésil et les Jeux Olympiques laissent un héritage positif fondé sur le respect des droits des travailleurs.
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Au Cambodge, les travailleurs du vêtement exigent un salaire décent et le droit de se syndiquerLe respect de la liberté syndicale, le travail décent et le versement d’un salaire convenable occupaient les premières places sur la liste des revendications de plus de 3.000 travailleurs et travailleuses au Cambodge qui défilaient à Phnom Penh le jour du Premier Mai. Les sujets soulevés par les neuf organisations syndicales participantes reflétaient les pressions exercées sur les travailleurs et travailleuses du vêtement qui tentent de défendre leurs droits. Ces revendications concernent la réintégration des personnes licenciées ou mises à pied pour avoir participé à une grève pour un salaire juste, la mise en liberté d’un dirigeant syndical injustement détenu, et la fin des tentatives de restriction des droits syndicaux à travers un nouveau projet de loi sur les syndicats, ainsi que la fin des contrats d’emploi à court terme. En septembre dernier, quelque 200.000 partisans du C.CAWDU, affilié à la FITTHC, se sont mis en grève pour protester contre l’augmentation du salaire minimum à 61 dollars, un salaire qui ne couvre pas les frais de subsistance de base et qui est inférieur aux normes d’un salaire décent. La grève a donné lieu à des licenciements massifs de militants syndicaux, et des dizaines d’actions en justice ont été intentées contre des dirigeants syndicaux. Vers le début de l’année, le C.CAWDU a signé un accord avec l’entreprise Goldfame sur des questions en suspens à la suite de la grève. L’accord qui vise à promouvoir la coopération et les relations industrielles sur le lieu de travail, porte sur la réintégration de 161 dirigeants et membres du syndicat. L’accord a été signé en présence de la FITTHC, de l’OIT et de deux clients de l’usine, Inditex et H&M. Le secrétaire général de la FITTHC, Patrick Itschert, va se rendre à nouveau en mai au Cambodge pour des entretiens dans 13 usines dans lesquelles les grévistes licenciés n’ont pas encore été réintégrés en dépit des pressions exercées aux plans national et international. Bien que la grève en septembre n’ait pas réussi à obtenir une augmentation du salaire minimum, elle a permis de se mettre d’accord pour discuter des prestations. En conséquence, les syndicats ont pu négocier une augmentation mensuelle de 10 USD des primes Création de syndicats puissants en Colombie suite de présence, d’ancienneté et d’heures supplémentaires. Les revendications syndicales du Premier Mai portaient également sur la mise en liberté immédiate de Sous Chantha, un dirigeant syndical de l’usine de vêtements United, qui a été arrêté il y a six mois sur une accusation de trafic de drogue forgée de toute pièce, en représailles pour le changement d’affiliation de son syndicat. L’affaire Sous Chantha a eu un effet paralysant sur les travailleurs et travailleuses, les employeurs leur rappelant que la même chose pouvait leur arriver s’ils s’écartaient du droit chemin. Pendant ce temps, les syndicats poursuivent la campagne d’opposition à une nouvelle proposition de loi visant à affaiblir les syndicats et à les rendre très vulnérables à une ingérence du gouvernement et des employeurs. En outre, ils continuent de s’opposer à l’utilisation largement répandue des contrats d’emploi à court terme qui privent les travailleurs et travailleuses des prestations auxquelles ils ont droit, et les découragent d’adhérer ou de soutenir le syndicat par peur d’un licenciement. La FITTHC soutient les revendications syndicales en exerçant des pressions sur le gouvernement, les employeurs et les marques qui s’approvisionnent au Cambodge.
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TEAM et le Comité thaïlandais de l’ICEM défilent ensemble le Premier MaiICEM Thai Committee (Comité thaïlandais de l’ICEM) et syndicat thaïlandais des travailleurs de l’électronique, de l’automobile et du métal – TEAM, la structure des affiliés de la FIOM dans ce pays d’Asie du Sud-Est, ont défilé main dans la main le Premier Mai à Bangkok en scandant des slogans en faveur des droits dans le travail. Ils tenaient une place importante dans la manifestation du Premier Mai devant le Parlement et dans le défilé sur Ratchademnoen Road jusqu’au monument de la Démocratie. L’événement avait attiré 5.000 travailleurs et travailleuses. Il s’agissait de l’une des deux manifestations organisées le Premier Mai à Bangkok, qui ont attiré toutes deux l’attention du gouvernement sur les mêmes questions. Le Thai Labour Solidarity Committee (Comité thaïlandais de solidarité dans le travail) et la State Enterprises Relations Confederation – SERC (confédération des entreprises d’État) s’étaient joints aux forces du travail représentées par ICEM-TEAM.
Les deux manifestations exigeaient la ratification par le gouvernement des conventions 87 et 98, les normes fondamentales du travail, et l’abrogation des lois sur la privatisation de 1999 en Thaïlande. Les deux manifestations demandaient également une réforme de la sécurité sociale afin d’obtenir une meilleure protection par une réforme administrative, et des exonérations fiscales pour les dispositifs de paiement final des travailleurs et travailleuses. La manifestation ICEM-TEAM présentait d’autres revendications qui méritent d’être citées, par exemple sur la protection des travailleurs dans le secteur informel et des migrants, la création d’une agence gouvernementale pour la santé et la sécurité au travail, l’abrogation de la loi sur les réunions publiques, et le droit des travailleurs et travailleuses de voter dans la région où ils travaillent plutôt qu’à leur lieu de résidence. Un grand nombre de gens qui marchaient sur Ratchademnoen Road vers le monument de la Démocratie scandaient des slogans politiques, critiques contre le gouvernement actuel à l’approche des élections nationales en Thaïlande. [PHOTO CAPTION] Le Comité thaï de l’ICEM s’est joint au Syndicat thaïlandais de l’électronique, de l’automobile et de la métallurgie (TEAM) pour réclamer le respect des droits du travail le 1er mai.
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Les syndicats du Libéria se dirigent vers une fusionLe 18 avril, 16 dirigeants syndicaux de l’affilié de l’ICEM, United Workers Union of Liberia – UWUL (syndicat unifié des travailleurs du Libéria) et l’affilié de la FIOM, Metal, Mechanical Electrical Communications and Allied Workers Union – MMECAWU (syndicat des travailleurs de la métallurgie, mécanique, électricité, communications et des industries connexes) se sont réunis à Monrovia pour examiner la possibilité d’une fusion et pour élaborer un programme de coopération. Quinze ans se sont écoulés depuis que la guerre civile a laissé le Libéria en ruines. Il y a non seulement beaucoup à faire en cette période de l’après-guerre pour reconstruire l’infrastructure, mais le pays est également engagé à remettre sur pied les éléments constitutifs d’une nation, notamment la revitalisation de différents secteurs comme l’éducation, la santé, la sécurité, l’économie et la gestion gouvernementale. Au cours des sept dernières années, la population a réussi à consolider la paix; elle a reçu un soutien de la communauté internationale pour le développement et a réalisé des progrès pour obtenir des investissements étrangers attirés par les pays qui ont d’abondantes ressources naturelles.
Alors que certaines multinationales comme Firestone sont présentes au Liberia depuis de nombreuses années, ArcelorMittal et BHP Billiton sont les nouveaux venus qui viennent de s’installer en réalisant récemment des investissements importants dans l’extraction du minerai de fer. On s’est attendu de tout temps à ce que les entreprises étrangères qui obtiennent des concessions prennent soin des prestations de service pour les habitants de la région, sous forme de logements, d’éducation et de services de santé. Ce système toujours en place déresponsabilise les travailleurs et travailleuses pour faire face aux employeurs du fait que ce ne sont pas seulement leurs emplois qui sont en jeu, mais également leurs logements. La main-d’oeuvre syndiquée reconnaît que l’unité est nécessaire pour détenir un pouvoir de négociation permettant de tenir tête à ces entreprises multinationales et relever les défis pour faire respecter les droits du travail, obtenir des emplois décents et améliorer la vie des travailleurs et travailleuses. Les deux fédérations syndicales du Liberia se sont unies pour constituer une fédération unique et forte dans le pays. Le syndicat de la foresterie et le syndicat des mineurs ont fusionné pour former l’UWUL. Maintenant, en s’appuyant sur ces fusions réussies et encouragés par les avantages offerts au pouvoir ouvrier, l’UWUL et le MMECAWU ont accepté de travailler à la réalisation d’une fusion. Lors de la réunion d’avril, les syndicats ont réalisé et signé un protocole d’entente qui les engage à constituer un comité conjoint pour élaborer un programme de collaboration destiné à aboutir à une fusion dans un délai de 24 mois. La syndicalisation des salariés des entreprises multinationales est au centre du travail réalisé conjointement. Les syndicats ont décidé de présenter le protocole d’entente dans leurs circonscriptions pour obtenir le soutien des membres à la fusion. La FIOM a offert de soutenir et de conseiller les syndicats dans leurs travaux en vue d’établir une forte représentation ouvrière au Liberia. [PHOTO CAPTION] L’UWUL et le MMECAWU se sont rencontrés le 18 avril 2011 à Monrovia (Liberia) pour discuter de la possibilité d’une fusion.
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L’ICEM face à Standard Profil: Empêcher de se soustraire au syndicat dans le secteur du caoutchouc en Turquiepour une campagne publique de soutien à l’affilié de l’ICEM en Turquie, Petrol-İş, pour obtenir que Standard Profil, un fabricant de produits en caoutchouc, commence à négocier. Petrol-İş a dépassé de beaucoup les 50% nécessaires des 2.300 salariés de Standard Profil pour obtenir une représentation syndicale. Le ministère du Travail et de la Sécurité sociale avait certifié que la gamme de produits de l’entreprise correspondait à la compétence juridique de Petrol-İş pour négocier dans les secteurs du pétrole, de la chimie et du caoutchouc. EL’ICEM a bénéficié en mars de l’aide de la FIOM pour une campagne publique de soutien à l’affilié de l’ICEM en Turquie, Petrol-İş, pour obtenir que Standard Profil, un fabricant de produits en caoutchouc, commence à négocier. Petrol-İş a dépassé de beaucoup les 50% nécessaires des 2.300 salariés de Standard Profil pour obtenir une représentation syndicale. Le ministère du Travail et de la Sécurité sociale avait certifié que la gamme de produits de l’entreprise correspondait à la compétence juridique de Petrol-İş pour négocier dans les secteurs du pétrole, de la chimie et du caoutchouc.
Le but de cette campagne publique, qui comporte des lettres d’approbation adressées à Petrol-İş par des syndicats et des comités d’entreprise du monde entier représentant des clients de Standard Profil dans le secteur automobile, était destinée à dissuader l’entreprise de faire appel à la détermination du secteur industriel au ministère. Le syndicat a demandé à l’entreprise, selon les termes du président de Petrol-İş, Mustafa Öztaşkin, de “commencer en faisant preuve d’une bonne volonté mutuelle et de prendre en considération des intérêts mutuels”. Le fabricant de joints d’étanchéité caoutchoutés avait déjà engagé des pourparlers avec le syndicat sur la liberté syndicale et le droit des travailleurs et travailleuses à une formation, grâce à l’intervention de l’Agence multinationale pour la garantie des investissements, un organisme de surveillance de la Société financière internationale (IFC) de la Banque mondiale. L’IFC a accordé un prêt pour le développement de Standard Profil dans ses deux usines à Düzce et Bursa, lequel comporte des critères qui obligent l’entreprise à avoir une bonne conduite dans les domaines social et environnemental. En avril, l’entreprise a ignoré le rameau d’olivier des travailleurs et travailleuses tendu par Petrol-İş et a déposé un recours auprès du gouvernement. L’entreprise affirme que sa compétence est du domaine de l’industrie métallurgique. Un tel appel en Turquie vise à contrecarrer la reconnaissance syndicale et les négociations, en liant la question à des procédures judiciaires pour deux ans ou même davantage. Et le résultat de la juridiction suivante est automatiquement un appel sur les 50% plus un, qui lie encore davantage les mains des travailleurs et travailleuses pour affirmer leurs droits légitimes d’adhérer à un syndicat et de négocier collectivement. [PHOTO CAPTION] Le Président de Petrol-İş, Mustafa Öztaşkin (au centre), réclame la reconnaissance du syndicat par Standard Profil ainsi que des négociations lors d’une conférence de presse, le 21 mars 2011 à Düzce, en Turquie.
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La FITTHC élit un nouveau secrétaire général Klaus Priegnitz de IG Metall, le syndicat allemand des métallurgistes, est devenu le nouveau secrétaire général de la FITTHC.
Klaus était un fonctionnaire du syndicat des travailleurs de l’habillement et du textile (Gewerkschaft Textil/Bekleidung) jusqu’à l’intégration du GTB dans IG Metall en 1998.
Il a participé étroitement aux travaux menés par la FITTHC au cours des deux dernières décennies et a été élu vice-président de la FITTHC à son 10e Congrès mondial en 2009.
Klaus a été élu secrétaire général lors d’une réunion spéciale du Comité exécutif organisée le 25 mai à Genève. Il remplace le secrétaire général sortant, Patrick Itschert, qui a été récemment élu secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats (CES).
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Lorraine Usher, Secrétaire de district en charge de l’énergie du CFMEU pour l’État de Nouvelle-Galles du sud Quels sont les principaux défis auxquels sont confrontées les femmes membres du CFMEU?
Dans les secteurs des mines, de l’énergie et de la pétrochimie, le pourcentage de femmes est très faible dans la main-d’oeuvre, notamment en Nouvelles-Galles du Sud. Dans un milieu de travail dominé par les hommes, c’est un véritable défi que d’encourager les femmes à prendre des emplois dans ces secteurs et d’occuper ensuite une position syndicale. Nous avons eu pendant onze ans un gouvernement conservateur, situé très à droite sur l’échiquier politique, et qui a supprimé un grand nombre de conditions dans nos accords. Nous avons un gouvernement travaillistes depuis deux ans et nous cherchons à récupérer ce que nous avions perdu au cours de la période précédente. À part les questions en cours liées aux conditions femmes/hommes, l’un des défis les plus importants auxquels les femmes font face concerne les appointements à la sortie du congé de maternité chez Shell. L’employeur a une attitude discriminatoire à l’égard des mères en restant inflexible sur les horaires des équipes. Les opérateurs travaillent par équipe de 12 heures, en alternant équipe de nuit et équipe de jour. L’inflexibilité manifestée par Shell signifie qu’il est interdit aux femmes d’être mères et de conserver leur emploi. Que pouvez-vous nous dire sur la structure des femmes au sein du CFMEU? Notre nouveau Comité des femmes m’a élue comme Secrétaire. Il se compose de trois cadres et de trois membres représentant les ouvriers des industries des mines, de la foresterie et de la construction. L’une des premières priorités concerne des programmes d’éducation et de formation pour les femmes, afin de les encourager à travailler dans nos industries. J’ai également été nommée récemment au Conseil central de l’organe de direction central du CFMEU dans le cadre d’une nouvelle politique d’action positive et de participation des femmes. Qu’en est-il de l’unité entre les femmes dans les autres organisations syndicales: Elle a été grandement facilitée par le soutien vigoureux de la direction centrale du CFMEU. Je participe activement aux travaux du Comité régional Asie-Pacifique du Comité des femmes de l’ICEM pour unifier les travailleuses de l’Inde, du Pakistan, d’Australie et de beaucoup d’autres pays. Mon engagement de longue durée en tant que représentante des femmes d’Australie dans des organisations et des industries dominées par les hommes m’a permis d’assister à la création d’une coordination intersectorielle des travailleuses de l’industrie. Nous recherchons des subventions pour la formation et l’éducation auprès des Skills Councils (conseils de compétences) et nous cherchons à exécuter des programmes scolaires pour les filles à la recherche d’une carrière dans l’industrie. Quelle action peut entreprendre une section des femmes dans une fédération mondiale industrielle intégrée? Je voudrais voir beaucoup plus de programmes établis, d’abord au niveau régional et en particulier sur des questions telles que la violence familiale. Il serait plus facile de régler tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés si les femmes occupaient une position de force et étaient capables de subvenir à leurs besoins. Les principales priorités sont la formation et l’éducation des femmes. Une formation et une éducation qui mènent à de meilleurs emplois, de meilleures organisations, une plus grande diversité et une ancienneté au sein des syndicats, ainsi qu’à des possibilités accrues pour les femmes d’échapper à des situations mauvaises au travail et à la maison. Notre but à long terme est simplement d’avoir davantage de femmes plus actives. [PHOTO CAPTION] Lorraine Usher, Secrétaire de district en charge de l’énergie du CFMEU pour l’État de Nouvelle- Galles du sud.
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