La FIOM estime que la réunion de l’OMC est un échec
La réunion n’a pas tenu compte de l’impact d’une nouvelle libéralisation du commerce sur le développement et l’emploi, déclare la délégation de la FIOM.
HONG KONG: Le résultat de la 6e Conférence ministérielle de l’OMC confirme l’inquiétude exprimée par les syndicats de métallurgistes avant la réunion: l’impact sur le développement et sur l’emploi d’une nouvelle libéralisation du commerce n’a pas été pris en compte, affirme la délégation de la FIOM dans une déclaration. La FIOM rejoint le mouvement syndical international pour dénoncer le manque de considération du développement durable et des conditions de travail et de vie des travailleurs/euses dans tous les pays. Aucun problème crucial n’a été résolu jusqu’ici, et aucun engagement précis n’a été pris dans des domaines revêtant une importance majeure pour les pays en développement. Au contraire, l’intérêt des entreprises, dans les services comme dans l’agriculture, et leurs préoccupations ont été pris en considération, tandis que les travailleurs/euses paraissent ne pas avoir place dans le jeu de la libéralisation. En particulier, le texte sur la libéralisation des produits industriels, ledit NAMA, ne tient pas compte des répercussions possibles sur l’emploi dans tous les pays, avec le risque de nouvelles délocalisations et de pertes d’emploi. L’accord sur l’utilisation d’une formule suisse avec des coefficients qui restent à définir, ne permet pas de réductions sur une base moyenne, ce qui aurait été préférable. En outre, l’inclusion dans le texte principal de la reconnaissance des négociations sectorielles aura des conséquences graves sur les métallurgistes dans plusieurs pays et dans des secteurs de notre industrie. Les revendications des pays en développement portant sur une flexibilité suffisante pour leur permettre d’arriver à un ajustement dans des secteurs sensibles, notamment dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, et à éviter une perturbation sociale causée par des pertes d’emplois et des fermetures d’entreprises, ont été ignorées. Leur appel “Reclaiming Development in the WTO Doha Development Agenda” (Reconquérir le développement à l’OMC du cycle du développement de Doha) n’a pas été entendu. Il n’a pas été tenu compte de la demande des syndicats et des mouvements sociaux portant sur une évaluation préliminaire des répercussions possibles sur le développement et sur l’emploi, en tant que condition requise pour une nouvelle libéralisation du commerce. L’importance cruciale d’avoir des emplois décents, seule manière pour les pays pauvres de sortir de la pauvreté et pour les pays industrialisés d’avoir un développement durable, a été complètement ignorée. Le mot “emploi” est absent du texte de Hong Kong. La lutte commune pour la qualité de l’emploi, pour des emplois décents et le respect des droits fondamentaux des travailleurs/euses doit constituer la clé de l’unité et de la solidarité entre travailleurs/euses de tous les pays, au Nord comme au Sud. C’est l’objectif d’union autour duquel les syndicats et les organisations démocratiques doivent poursuivre l’établissement d’une alliance forte. La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie suivra les développements à l’OMC au cours des prochains mois qui sont d’une importance cruciale, aux côtés des organisations syndicales sœurs. Elle demande à ses affiliés de mobiliser les travailleurs/euses aux niveaux régional et national, et de collaborer étroitement avec les mouvements sociaux au sein de l’alliance la plus large possible pour l’emploi et de développement durable.Dec 19, 2005 – Rainer Santi
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