Home  | Contact Us | About IMF
 

Résolution 6: Éradiquer la pauvreté grâce au travail décent, à des pratiques commerciales loyales et au développement
(NUMSA, Afrique du Sud)
Le 31e Congrès, représentant des femmes et des hommes travaillant dans les industries métallurgiques de toutes les régions du monde:

Convaincu que la persistance de la pauvreté quelque part est une menace à la paix partout et est à l'origine du déni des droits humains fondamentaux, et que le développement humain intégral oblige les gouvernements à respecter pleinement les droits syndicaux et d'autres droits démocratiques fondamentaux;

Effrayé que, dans les pays en développement, 30 000 enfants meurent chaque jour de faim ou de maladie évitable à cause de la pauvreté;

Notant que le Rapport de la Commission pour l'Afrique, qui vient d'être créée aux pays du G8 constitue un appel urgent à l'action pour mettre un terme à la pauvreté dans le monde:

Notant en outre que la conclusion de la Commission mondiale du BIT aux termes de laquelle la mondialisation dans sa forme actuelle n'est pas tenable et que des politiques de "libre échange" promues par certains pays riches sont une source de souffrances humaines constantes à une très grande échelle;

Convaincu que:

La majorité des êtres humains qui subissent les pires formes de pauvreté aujourd'hui sont les ouvriers et les paysans des pays en développement, notamment les femmes;

L’ordre mondial, dans lequel la majorité des peuples vivant sur terre sont pauvres, tandis qu'une petite fraction est riche, est insoutenable;

Dans les pays en développement, notamment en Afrique, la pauvreté augmente de manière inversement proportionnelle à la croissance des formes de production dans le monde, alors que beaucoup de femmes et d’hommes n'ont pas de travail, ou ont un emploi mal payé et travaillent de plus en plus à titre occasionnel ou sur une base contractuelle et sans protection;

L’éradication de la pauvreté nécessite, parmi d'autres mesures prises à l'échelon mondial, la mobilisation de la solidarité des travailleurs dans le monde entier;

Reconnaît:

Qu’une augmentation de l'aide et des crédits ne sera pas suffisante pour permettre aux pays en développement de maintenir le développement industriel et d'accroître les revenus des familles;

Que les politiques commerciales actuelles des zones de libre échange les plus puissantes – en particulier les subventions importantes versées aux agriculteurs – restreignent l'accès aux marchés du Nord et perpétuent la pauvreté et les souffrances aiguës;

Qu’il faut annuler l'ensemble de la dette impayable des pays les plus pauvres du monde;

Que la promotion de pratiques commerciales loyales et, notamment, l'élimination des subventions aux exportations agricoles sont indispensables pour permettre aux pays en développement de partager les avantages découlant du commerce international et de l'investissement.

Que la croissance sans précédent des forces de production permet aujourd'hui, dans une très large mesure, de répartir les avantages découlant de revenus équitables et d'éliminer le fléau du chômage généralisé dans les pays en développement.

Que la création d’emplois décents doit être au centre des priorités des gouvernements et le principal élément d'un cycle de négociations commerciales véritablement axées sur le développement. Le commerce devrait être un facteur important pour parvenir au développement et créer des emplois décents, mais, pour de nombreux travailleurs, le système commercial international manque de pertinence ou, pire, compromet cet objectif. Dans les pays en développement ainsi que dans les pays industrialisés, l'agriculture, la sécurité de l'emploi et un emploi décent sont considérés comme menacés par l’intensification des échanges, tandis que des multinationales menacent de transférer la production dans des pays où les travailleurs sont privés de leurs droits et la main-d'œuvre est bon marché.

Les promesses d'expansion concernant les potentialités de la libéralisation des échanges dans le cadre de l'OMC ne se sont pas concrétisées et n'ont pas débouché sur un plus grand nombre d'emplois et de meilleurs emplois et une croissance accrue à l’échelle mondiale ou dans les pays en développement. En effet, de nombreux pays en développement qui ont libéralisé leurs échanges conformément aux politiques recommandées par l'OMC, ainsi que par les institutions financières internationales, ont constaté que cette libéralisation avait débouché sur une désindustrialisation dans la mesure où leurs branches de production nationale se sont effondrées de ce fait.

L'emploi doit être au centre des préoccupations lors des préparatifs de la Réunion ministérielle de l'OMC à Hongkong. Les répercussions du commerce sur le niveau et la qualité de l'emploi déterminent si le commerce contribue à l'augmentation ou à la diminution des niveaux de vie, permettent de parvenir au développement et d'éliminer la pauvreté. Pourtant, l’incidence du commerce sur l'emploi est pratiquement toujours laissée de côté lors des négociations commerciales malgré ces liens évidents.

Cette situation doit changer fondamentalement pour que les négociations commerciales puissent avoir lieu sur la base d'une évaluation globale ex ante de leur incidence sur le niveau et la stabilité de l'emploi, en particulier dans les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre (le respect des droits fondamentaux des travailleurs, de l'égalité entre femmes et hommes, de bonnes conditions de travail, de l'existence d'une protection sociale, ainsi que de la sécurité alimentaire et de l'accès à des services publics de qualité).

Les défis auxquels sont confrontés les pays en développement et les pays les moins avancés sont encore plus préoccupants dans les négociations sur l'accès aux marchés non agricoles (NAMA). Aux niveaux national et multilatéral, il faut procéder à une évaluation rigoureuse des répercussions des négociations NAMA sur le développement, le travail décent et les populations qui vivent dans la pauvreté. Les gouvernements ne devraient pas conclure des marchés lors de ces négociations, sauf s'ils en comprennent bien les répercussions qu’elles pourraient avoir sur leurs capacités de mettre en œuvre des politiques industrielles pour réaliser leurs objectifs en matière de développement et d'emploi.

Il est nécessaire d'obtenir des fonds aux niveaux national et international pour financer l'aide à l'ajustement en matière d'emploi quand la libéralisation des échanges aboutit à la perte d'emplois.

Les pays en développement, tout comme les pays industrialisés, doivent avoir la marge de manœuvre nécessaire pour leur permettre de mettre en œuvre des stratégies de développement industriel au niveau national légalement reconnues. Les négociations NAMA ne devraient pas trop limiter cette marge de manœuvre. Nous avons besoin d'une clause qui permettrait aux pays en développement, en particulier les pays les moins avancés, de consolider leurs droits de douane, de pouvoir modifier cet engagement pour des raisons sociales et de développement justifiées. Ils devraient avoir le droit de conserver des droits de douane plus élevés s'ils le désirent, conformément au principe du "traitement spécial et différencié" énoncé dans la Déclaration ministérielle de Doha.

Le Congrès déclare appuyer pleinement l'appel mondial à l'action contre la pauvreté et demande instamment aux organisations affiliées de mobiliser leurs membres pour qu'ils:

• exigent de leur gouvernement national que la création d'emplois décents soit au centre de leurs préoccupations, notamment lors des négociations sur la libéralisation des échanges;

• demandent aux pays du G8, à leur réunion de juin, d'adopter des politiques efficaces pour lutter contre la pauvreté.

La FIOM doit:

• continuer de travailler en étroite collaboration avec les autres partenaires des syndicats mondiaux et avec des mouvements sociaux partageant les mêmes idées pour atteindre les objectifs indiqués ci-dessus;

• en particulier, renforcer la capacité des organisations affiliées d'exercer une influence efficace sur les politiques de leur gouvernement en ce qui concerne le commerce, l'aide et le développement;

• utiliser les accords-cadres internationaux comme outil de renforcement des droits des travailleurs à l'information et à l'éducation en ce qui concerne les questions mentionnées ci-dessus.

eng  |  ger  |  rus  |  spa  ]